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Histoire de l' Eglise

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31 décembre - Sainte Marie Odigitria - Catherine Labouré (+ 1876)

Notre-Dame des Potiers

 

On rencontre dans la commune de Chartres, près Rennes, une petite chapelle située dans la campagne, au sud et à quelque distance du bourg. Elle renferme une statue de la Vierge appelée Notre-Dame des Potiers. À l'époque où l'on confectionnait, dans cette paroisse, des poteries artistiques, que les archéologues se disputent aujourd'hui, on attribuait à la statue de Notre-Dame des Potiers le pouvoir de préserver les fabriques du feu. Jamais, assure-t-on encore, aucune d'elles ne fut incendiée.

 

La Vierge des Potiers apparut un soir, la veille de Noël, sous la forme d'une belle dame, à un potier conduisant ses marchandises à Châteaugiron. Ce dernier, devenu riche, avait oublié son origine misérable. Il était dur envers ses ouvriers, s'enivrait fréquemment, et blasphémait à tout propos le saint nom de Dieu.

 

- Où allez-vous ainsi ? lui demanda la Vierge.

- À Châteaugiron, vendre mes produits.

- Êtes-vous bien certain d'y arriver ?

- Que t'importe ? lui répondit-il malhonnêtement, passe ton chemin, je n'ai pas besoin de tes services. Et il blasphéma de nouveau le nom de Dieu.

 

Il arrivait à ce moment au pont de l'Épront, sur la rivière la Seiche, profonde en cet endroit, et qui coule sur un lit de limon et de vase. Le cheval, effrayé par les cris de son maître et le bruit de l'eau frappant sur les arches du vieux pont romain, fit un écart et tomba dans la rivière, entraînant, dans sa chute, chariot et conducteur. Tous les efforts de celui-ci pour sortir de la rivière furent inutiles. Ses cris et ses appels ne furent pas entendus des paysans qui se rendaient à la messe de minuit.

 

Le malheureux crut sa dernière heure arrivée et, entendant dans le lointain les cloches de l'église, il se rappela sa mère, son enfance, puis la puissance si grande de la Vierge des potiers. Il invoqua celle-ci du plus profond de son cœur, se repentit de ses péchés, jura de se corriger et fit vœu, s'il échappait à la mort, d'élever à Chartres une chapelle à la Vierge.

 

Ô miracle ! son appel est entendu, la foudre éclate, le tonnerre tombe sur la rive droite de la Seiche, en détache un lambeau qui roule dans l'eau, formant une chaussée solide qui permet au cheval de remonter sur la route.

 

Le potier changea de conduite et, fidèle à sa promesse, fit édifier une chapelle qui est tombée en ruine vers 1817. Elle a été remplacée par le petit édicule dont il est question au commencement de cette légende, construit près d'une mare qui occupe la place de l'antique sanctuaire.

 

 

 

Adolphe Orain,
Contes du pays Gallo, 1904.

30 décembre - Italie. Milan. Sainte Marie de S. Celso (1485)

Jean, l'enfant de la Vierge (IV)

 

Lorsqu'il s'était penché sur la poitrine du Maître au Cénacle, Jean s'était approché du foyer de l'Amour infini. En Marie, il en sentait toujours brûler la flamme. En elle, la divine Présence, ainsi qu'en un tabernacle vivant, continuait à subsister et à répandre sa paix, sa lumière, son amour.

 

Si Marie et Jean communiait dans le même amour, combien cependant l'expérience des choses de Dieu l'emportait en Marie. Jean avait tout à apprendre d'elle en pureté de regard, en foi, en fidélité. Non pas que leurs vies aient eu à s'identifier. Elles ne le pouvaient, elles ne le devaient pas non plus. Après avoir reçu le message du Christ, Jean avait à le transmettre sous une forme théologique, prophétique et spirituelle. Il avait à faire connaitre la vie « en esprit et en vérité ». Marie, elle, devait demeurer l'âme et le coeur de l'Église.

 

Aussi n'était-ce pas tant sur le contenu du message du Christ que Jean, disciple, ami, confident et prêtre du Christ, avait à être éclairé par Marie, que sur la manière d'y entrer plus avant. Il lui fallait apprendre à « demeurer » » en esprit sur ce Coeur, que Marie et lui avait contemplé ouvert sur la Croix, mais que seule Marie avait formé de sa propre chair et senti battre en ses entrailles.

 

 

 

P. Paul Marie de la Croix, O.C.D.
L'Evangile de Jean et son témoignage spirituel
Desclée de Brouwer, 1959

29 décembre - Italie. Bra. Notre-Dame des Fleurs (1336)

Jean, l'enfant de la Vierge (III)

 

Il croyait aimer son Maître, et voici qu'il entrevoyait ce qu'un regard contemplatif, ce qu'une âme infiniment pure et donnée, ce qu'un sacrifice entièrement uni à celui du Christ, pouvaient apporter dans le domaine de la connaissance et de l'amour.

 

Il découvrait que Marie, bien mieux que le Précurseur, portait en elle toute la tradition et toutes les espérances d'Israël. Elle était le pont et le noeud mystérieux joignant l'Ancienne à la Nouvelle Alliance. Elle était l'Écriture vivante, écrite, non avec des mots, mais avec des lettres de chair et de sang. Elle était la foi qui jamais ne défaille, l'indéfectible espérance, l'amour qui ne fait qu'un avec l'Amour. Elle était l'épouse de l'Esprit, sa prière, son souffle vivant dans le monde.

 

 

P. Paul Marie de la Croix, O.C.D.
L'Evangile de Jean et son témoignage spirituel
Desclée de Brouwer, 1959

28 décembre - Saints Innocents - France. Notre-Dame de Pontoise (1484) - Décès de Benoite Rencurel du Laus (1647)

Jean, l'enfant de la Vierge (II)

 

Après le Calvaire, la fréquentation assidue de Marie allait faire de Jean le contemplatif qu'il n'était pas encore. En vivant le mystère de l'Incarnation, en communiant à celui de la Rédemption, Marie avait pénétré les secret de la vie contemplative, et elle ne devait plus cesser, dès lors, de s'y avancer, dans le silence et le recueillement de cette demeure où elle s'était retirée avec saint Jean.

 

Nous ignorons tout des échanges qu'ils purent avoir ; et, ici moins que partout ailleurs, les suppositions sont de mise. Mais il est certain que, vivant sous le regard de Marie, Jean voyait à sa lumière tout ce que son propre amour et sa connaissance du Christ avait encore de superficiel, d'inachevé, d'imparfait.

 

 

P. Paul Marie de la Croix, O.C.D.
L'Evangile de Jean et son témoignage spirituel
Desclée de Brouwer, 1959

27 décembre - Marie Mère de Saint Jean - 1ère Apparition à Paray-le-Monial

Jean, l'enfant de la Vierge (I)

 

Après le départ du Christ, la vie de l'apôtre Jean ne se sépare pas de celle de Marie qui, par la volonté expresse du Sauveur, était devenue sa Mère.

 

Dans l'ardent jeune homme venu à lui sur les bords du Jourdain, Jean Baptiste avait pressenti le futur disciple du Messie et, de toute sa grande âme prophétique, il l'avait préparé à ce rôle.

 

Marie, elle, reçut de son Fils à la Croix, celui qu'après elle, Jésus avait le plus aimé sur terre. Avec des moyens dépassant encore ceux du Précurseur, Marie allait continuer l'oeuvre entreprise dans l'âme de Jean. Pour elle comme pour le Baptiste, le but demeurait le même : tourner Jean vers le Christ, lui faire découvrir son visage, lui révéler son coeur, le faire entrer plus avant dans son intimité, dans son amour.

 

 

P. Paul Marie de la Croix, O.C.D.
L'Evangile de Jean et son témoignage spirituel
Desclée de Brouwer, 1959

26 décembre - Jérusalem. Marie pleure Saint Etienne - Eglise Byzantine. Synaxes de la Mère de Dieu

Car seule tu parus digne, O immaculée

 

Tu enfantas incarné, O toute sainte, le Logos qui était auparavant incorporel engendré par Dieu principe de la divinité car seule tu parus digne, O immaculée, par les rayons de ta pureté, la beauté de ta virginité et tes charismes immaculés.

 

Liturgie byzantine, 12 février, théotokion de la 1e ode
Extraits de : Textes liturgiques de l’édition grecque officielle,
cités dans Joseph LEDIT, Marie dans la liturgie de Byzance, ed. Beauchesne, Paris 1976, pp. 31-46
www.mariedenazareth.com/16227.0.html

25 décembre - Nativité de Jésus

La lumière rayonne par cercles concentriques

 

Dans le mystère de Noël, la lumière du Christ rayonne sur la terre, en se diffusant comme par cercles concentriques.

 

Tout d'abord sur la sainte Famille de Nazareth: la Vierge Marie et Joseph sont illuminés par la présence divine de l'Enfant Jésus.

 

La lumière du Rédempteur se manifeste ensuite aux bergers de Bethléem qui, avertis par l'ange, accourent immédiatement à la grotte et y trouvent le "signe" qui leur avait été annoncé: un enfant enveloppé de langes et couché dans une mangeoire (cf. Lc 2, 12).

 

Les bergers, avec Marie et Joseph, représentent ce "reste d'Israël", les pauvres, les anawim, auxquels est annoncée la Bonne Nouvelle.

 

L'éclat du Christ parvient enfin jusqu'aux Rois mages, qui constituent les prémices des peuples païens.

 

 

Benoît XVI,
Extrait de l'homélie du 6 janvier 2006

24 décembre - Vigile de la Nativité

Le voyage vers Bethléem (II)

 

Ils arrivent à l'auberge. Elle est pleine jusque sous les portiques rustiques, qui entourent la grande cour intérieure, de gens qui bivouaquent.

 

Joseph laisse Marie sur l'âne à l'intérieur de la cour et il sort pour chercher dans d'autres maisons. Il revient découragé. Il n'y a rien. Le précoce crépuscule d'hiver commence à étendre ses voiles. Joseph supplie l'aubergiste. Il supplie des voyageurs. Eux sont des hommes en bonne santé. Ici c'est une femme sur le point de mettre au monde un enfant. Qu'ils aient pitié ! Rien. Voici un riche pharisien qui le regarde avec un mépris visible, et, quand Marie s'approche, il s'écarte comme s'il s'était approché d'une lépreuse. Joseph le regarde et la rougeur de l'indignation lui monte au visage. Marie met la main sur le poignet de Joseph, pour le calmer et dit : "N'insiste pas. Partons. Dieu y pourvoira."

 

Ils sortent, ils suivent le mur de l'auberge. Ils tournent par une ruelle encastrée entre elle et de pauvres maisons. Ils contournent l'auberge. Ils cherchent. Voilà des espèces de grottes, de caves, dirai-je, plutôt que des écuries, tant elles sont basses et humides. Les plus belles sont déjà occupées. Joseph est accablé.

 

"Ohé ! Galiléen !" lui crie par derrière un vieil homme. "Là au fond, sous ces ruines, il y a une tanière. Peut-être n'y a-t-il encore personne."

 

Ils s'approchent de cette "tanière." C'est vraiment une tanière. Parmi les décombres d'un bâtiment en ruines, il y a un refuge, au-delà duquel se trouve une grotte, un trou dans la montagne plutôt qu'une grotte. On dirait que ce sont les fondations d'une ancienne construction auxquelles servent de toit les matériaux étayés par ces troncs d'arbre à peine équarris.

 

Pour y voir plus clair, car il y a très peu de jour, Joseph sort de l'amadou et un briquet, et allume une petite lampe qu'il sort de la besace qu'il porte en bandoulière. Il entre, Un mugissement le salue. "Viens. Marie, elle est vide, il n'y a qu'un bœuf." Joseph sourit : "Ça vaut mieux que rien ! ..."

 

Marie met pied à terre et entre.

 

 

Maria Valtorta,
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, Tome 1
www.maria-valtorta.org/Publication/TOME 01/01-046.htm

23 décembre - Italie. Notre-Dame du Rouvre

Le voyage vers Bethléem (I)

 

Je vois une grande route. Il y a une énorme foule. Des ânes qui vont, chargés de meubles et de personnes. Des ânes qui reviennent. Les gens éperonnent leurs montures, et qui va à pied se hâte parce qu'il fait froid.

 

L'air est pur et sec. Le ciel est serein, mais tout a ce semblant précis des jours de plein hiver. La campagne dépouillée semble plus vaste. Les pâturages ont une herbe courte, brûlée par les vents d'hiver. Sur les pâturages, les troupeaux cherchent un peu de nourriture, et cherchent le soleil qui naît lentement. Ils se serrent l'un contre l'autre parce qu'ils ont froid, eux aussi. (...)

 

Marie est sur son âne gris, toute enveloppée dans un épais manteau. (...)

 

Joseph marche à côté, tenant la bride : "Es-tu fatiguée ?" demande-t-il de temps en temps.

 

Marie le regarde en souriant et dit : "Non." A la troisième fois, elle ajoute : "C'est toi plutôt qui dois marcher à pied qui serais fatigué."

 

Ils restent silencieux. La Vierge, quand elle ne parle plus, parait se recueillir en une prière intérieure. Elle sourit doucement à une de ses pensées et tout en ayant les yeux sur la foule, elle ne semble plus voir si c'est un homme, une femme, un vieillard, un berger, un riche ou un pauvre. Mais ce qu'elle voit, c'est à elle seulement.

 

"As-tu froid ?" demande Joseph, parce que le vent se lève.

 

"Non, merci."

 

Mais Joseph n'a pas confiance. Il lui touche les pieds qui pendent sur le flanc de l'âne, les pieds chaussés de sandales et qu'on voit dépasser à peine de son long vêtement. Il doit les trouver froids car il secoue la tête. Il enlève une couverture qu'il porte en bandoulière et l'étend sur les jambes de Marie et jusque sur son sein de façon que les mains soient bien au chaud sous la couverture et le manteau.

 

 

 

Maria Valtorta,
L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, Tome 1
www.maria-valtorta.org/Publication/TOME 01/01-046.htm

22 décembre - Italie. Notre-Dame du Lait

Es-tu épris d'une grotte, amoureux d'une crèche ?

 

O roi très haut, qu'y a-t-il de commun entre toi et la race miséreuse? Créateur du ciel, pourquoi venir chez les êtres de la terre? Es-tu épris d'une grotte, amoureux d'une crèche? Vois, pour ta servante il n'y a pas de place à l'auberge; que dis-je? Pas de place? Pas même une grotte, car celle-ci est à d'autres. Lorsque Sarah mit au monde un enfant, elle reçut de vastes terres en partage, moi je n'ai pas même une tanière : on m'a prêté cette caverne où tu as voulu habiter, ô mon petit enfant, Dieu d'avant les siècles.

 

Romanos le Mélode (+ vers 560)
Hymne I sur la nativité, 3
Sources chrétiennes 110 Cerf, Paris 1965

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