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La Foi Chrétienne

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Une rançon pour être vivant et libre ?

Une rançon pour être vivant et libre ?

Ce matin, j’apprends que 3 otages français au Yemen ont été libérés. Si tout le monde se réjouit de cette nouvelle, certains se demandent si le gouvernement français a versé une rançon pour obtenir la libération.

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Trouver chaussure à son pied

Depuis Walt Disney la nuit des temps, chaque petite fille rêve, telle Cendrillon, au prince charmant. Arrivée à l'âge adulte, elle réalise que le plus dur n'est pas tant la pointure de la chaussure, que le prince qui se cache derrière. Pis, en fait de pantoufle de verre, la belle n'a que son pifomètre pour juger si l'histoire avec son bien-aimé a des chances de se conclure en happy-end. Pour tout arranger, la menace de la citrouille est bien réelle et chacune a peur de finir seule1

Il est fréquent de savoir, dans les premiers temps d'une relation, que celle-ci n'a pas d'avenir et ce, indépendamment des qualités de l'autre2.. Mais, la plupart du temps, on la prolonge : on passe des moments agréables ensemble, on espère que l'autre va changer, on a pas de se retrouver toute seule. 

Si après quelques temps dans une relation, vous avez des doutes, il est bon d'oser se poser les questions suivantes :

  • Quelles sont les chances que, dans six mois, vous vouliez encore vous marier avec cette personne ?
  • Ressentez-vous une contrainte ? (De votre famille, vos amis ? ou de votre propre fait, en vous étant fixé un âge-limite ? pour les femmes : par la conscience que vous avez de l'horloge biologique ?)
  • Pensez-vous vous marier uniquement parce que, pour vous, le mariage est une figure imposée, la prochaine étape logique ? 
  • Restez vous ensemble parce que vous ne voulez pas gâcher le temps investi dans cette relation ? Pour ne pas blesser l'autre ?
  • Êtes-vous en couple parce que vous n'en pouvez plus d'être seule, ou parce que vous avez peur de ne pas trouver mieux ?

Si les raisons profondes qui vous lient à l'autre ne sont pas liées à cette personne, mais à vos propres peurs, doutes etc., alors, quelles que soient vos qualités respectives, votre relation s'appuie sur des fondations peu solides.

Vous voilà assurée de vos motivations. Il y fort à parier que le choix de votre futur conditionnera en grande partie vos joies et peines futures. C'est donc le moment d'écouter votre conscience : comme dans Cendrillon, la bonne fée existe. Ah non, en fait c'est Dieu qui veut votre bonheur et vous parle à travers elle3. Il est temps de se poser quelques questions sur votre relation.

  • La proximité de l'autre vous encourage t-elle à donner le meilleur de vous-même ? Vous encouragez-vous l'un l'autre (dans la liberté) à croître personnellement, émotionnellement, professionnellement et spirituellement ? 
  • Vous faites vous confiance ? Pouvez-vous compter sur l'autre pour agir de manière juste ? Votre relation ne comporte-elle ni jalousie, ni suspiscion ?
  • Vous est-il agréable d'être ensemble ? L'humour donne du goût à l'existence et les sourires la transfigurent.
  • Partagez-vous les valeurs et convictions qui sont essentielles pour vous ? L'autre vous rejoint-il uniquement physiquement ou également spirituellement et humainement ?
  • Lorsque vous échangez, votre ton est-il celui de l'écoute bienveillante ? 

Si les réponses aux questions ci-dessus ne sont pas positives, il est urgent d'attendre.. et de prendre le temps de réfléchir. La vie conjugale est un marathon, dont le mariage n'est pas la ligne d'arrivée mais la ligne de départ. La course vaut la peine d'être courue, mais encore faut-il s'assurer que vous êtes bien préparée et que vous partez avec le bon coéquipier. En parcourant tout le pays à la recherche de sa bien-aimée (note: ceci n'est pas un appel à la multiplication des relations), le prince charmant a dû croiser pas mal de filles non moins charmantes : n'est-ce pas sa fidélité à son coeur, plus que ses beaux yeux, qui le rendent charmant ? .

  1. 1. Note : pour le besoin de la métaphore disneyienne, ce billet sera rédigé au féminin. Il va sans dire -mais mieux en le disant- qu'il peut tout à fait être transposé au masculin
  2. 2. même si ce billet a failli s'intituler "Comment ne pas tirer le mauvais numéro"
  3. 3. votre conscience, pas la bonne fée

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Le combat spirituel

Une tentation, toujours présente, pour les jeunes chrétiens, est celle du repliement sur soi, face à une société dont on ne partage pas les valeurs, ou l'absence de valeurs. Sa déclinaison catholique est l'attrait du réconfort du groupe, la tendance à rester entre soi, à chercher l'assentiment dans le clan. Mais est-ce réellement le chemin vers la sainteté ?

Cet article de La Croix, consacré au Festival Saint Jean, organisé pour les jeunes par la communauté du même nom, illustre brillamment1 ce phénomène : à ces jeunes, confrontés au quotidien à une culture qui promeut des comportements qu'ils réprouvent, il est agréable de "se sentir entouré(e) de jeunes qui sont d'accord".

Avec un risque toutefois : celui de voir dans cette communion d'idéaux une sorte de société idéale, supérieure à celle qu'ils connaissent tous les jours. La sanction est inéluctable pour ceux qui la hissent ainsi sur un piédestal, car même les meilleurs chutent. Il est ainsi dangereux de vouloir troquer ce combat personnel contre le péché contre une lutte collective : car le danger est grand de troquer aussi la sainteté contre la bien-pensance.

Car dans ces soirées « où l'alcool coule à flot et où tout le monde "se choppe"», ce n'est pas tant le regard de l'autre lorsqu'ils refusent un énième verre que ces jeunes craignent... C'est qu'ils savent, consciemment ou non, qu'eux aussi se laisseraient bien tenter par ce verre, ou cette une relation facile, par cette satisfaction immédiate. 

Car le meilleur des cathos comme le pire des païens2 ont ceci en commun qu'ils sont pécheurs, c'est à dire qu'ils échouent chaque jour à vivre leur vocation, leur dignité profonde, d'enfants de Dieu, qui consiste à se donner entièrement, totalement, dans la vérité.

En faisant du combat spirituel personnel une lutte sociale, on se donne l'illusion que, dans une société idéale, on y arriverait. On met un catho-bien-comme-il-faut sur un piédestal, ça rassure. Si on se sent hardi, on va même jusqu'à mener sa petite croisade, dans l'illusion que l'on a la vérité pour ceinture et le bouclier de la foi. On se sent plus capable tout à coup, on peut tout, tout seul. Ca semble sympa, ça, de ne pas avoir besoin de sauveur.

Cette tentation, les Légionnaires du Christ l'ont vécue à fond. Contrairement à la règle monastique, qui vise à ordonner sans déresponsabiliser, leurs réglements omniprésents tentaient de construire cette société idéale sans tentation. On connaît la suite : le fondateur adulé s'est révélé un pathétique pécheur, et la société idéale ressemble de plus en plus à un veau d'or aux hormones.

Les frères de Saint-Jean l'ont bien compris : il est grand, le danger de se fondre dans le groupe, d'abdiquer sa responsabilité personnelle ou sa capacité de raisonner : « C’est frappant de voir à quel point ces jeunes catholiques, bien que très engagés, manquent de formation pour comprendre les fondements de la foi, et y adhérer – ou non – par un choix personnel, mûri. Ils ont un aspect un peu “perroquet” ! »

Le piège ici, c'est qu'en déclinant sa responsabilité, on refuse sa dignité ; en faisant l'économie d'un examen de conscience, certes douloureux, on perd de vue Celui qui nous sauve. Le combat spirituel, en fin de compte, ce n'est pas Pierre qui tranche l'oreille du serviteur -ou nos pourfendeurs de la société-, c'est Jean qui reste au pied de la croix du Christ

C'est vraiment là, au pied de la Croix, que se joue le combat spirituel ; la bonne nouvelle, c'est qu'il nous a déjà été gagné ! Aussi, ne jouons pas les gros bras spi, les culturistes de la vertu ; mais reconnaissons3 que Jésus est celui qui peut souffler sur nos os desséchés pour nous redonner vie.

  1. 1. mais ceux qui auront suivi l'été du quotidien n'auront pas été surpris
  2. 2. et vice-versa
  3. 3. comme nous y invitent les textes du jour

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Si je veux qu'il reste jusqu'à ce que je vienne, est-ce ton affaire ? Toi, suis-moi

Si je veux qu'il reste jusqu'à ce que je vienne, est-ce ton affaire ? Toi, suis-moi

Je suis tienne, pour toi je suis née, Que veux-tu faire de moi ?

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Que votre oui soit oui

« Combien de pattes un chien a t-il, si nous convenons que sa queue est une patte ? Toujours quatre, et pas une de plus : appeler "patte" la queue d'un chien n'en fera pas une patte pour autant » Ce petit aphorisme, attribué à Abraham Lincoln, illustre bien la sagesse pratique de nos cousins américains, dont nous manquons souvent parfois dans nos contrées françaises.

Car il faut bien appeler un chat un chat1. Les mots ont un sens et, s'il peut parfois être tentant de croire qu'ils sont malléables et de les déformer pour les faire coller à nos désirs, c'est au risque de les vider de leur sens, de les rendre inutiles, bref : de prendre nos désirs pour des réalités. La qualité d'un discours se mesure par sa conformité à la réalité, qu'on appelle vérité.

La distorsion de la vérité est facile : il suffit de définir un objet en s'appuyant sur ses qualités non-essentielles. Si l'on définit le soldat simplement comme un homme en arme, c'est insuffisant : dans ce cas, les pirates somaliens pourraient également revendiquer ce titre ; de même si l'on définit un sportif comme quelqu'un payé des millions et qui fait des pubs pour son équipementier, on est dans l'erreur : les bleus de la Coupe du Monde 2010 n'ont pas réellement mérité le titre de sportif.

Finalement, ce ne sont pas son uniforme, son arme, sa condition physique ou ses galons qui font un soldat ; c'est son attachement à défendre son pays et les idéaux qui l'ont construit. En d'autres termes, ce ne sont pas des attributs qui définissent une réalité, mais comment ses attributs sont mis au service de son sens profond.

Le mariage, plus qu'un mot

Le mariage a souvent fait l'objet de tels détournements de langage. Il en est même un candidat idéal, puisqu'il s'appuie lui-même sur une parole échangée2. Il serait facile mais dangereux de croire que cette parole accomplit à elle seule le sens du mariage. 

L'Eglise avait déjà intuité cet écueil en affirmant que le don des personnes dans le mariage se réalisait dans la promesse échangée ET dans l'accomplissement de cette promesse dans le don charnel. Allons plus loin. Nos amis anglosaxons peuvent encore nous aider ici, car ils distinguent le wedding (le "jour J" du mariage) et le marriage (la vie conjugale). Réduire le mariage au wedding est une abérration3

Ce n'est donc pas la robe blanche ou le costume4, ni les alliances, ni le maire en écharpe, ni même les mots prononcés et qu'on peut parodier, qui font le mariage. C'est l'intention et le projet de vie des conjoints, et sa reconnaissance par la société.

Une distinction existe à ce niveau entre le mariage civil et le mariage religieux.

Puisque le mariage est d'abord (chronologiquement, même si pas en essence) une institution humaine, commençons par le mariage civil. Celui-ci est une construction juridique5 qui trouve son origine dans le fait que les relations sexuelles conduisent normalement à avoir des enfants, et que l'ordre social passe par leur bien-être et leur protection ainsi que ceux de leur mère. C'est pour cela que les époux, dit le code civil, s'obligent6 à une communauté de vie et se doivent mutuellement assistance et fidélité7

 

Les promesse n'engagent-elles que ceux qui y croient ?

Le mariage -même civil- n'est donc pas simplement une reconnaissance sociale de l'affection qui unit les époux. Parce qu'il provient des conséquences sociales de la sexualité, il est limité à un seul homme et une seule femme. On se marie pas à trois (ou quatre), pas plus qu'on ne marie les personnes homosexuelles (n'en déplaise à Mamère8). 

Alors certes, si l'on retranche du mariage tout ce qui en fait la nature, si on en fait une coquille vide - en d'autres termes si l'on confond la patte du chien et sa queue -, on pourra faire des parodies de mariage (comme les petites filles "jouent à la mariée"). Mais ce serait aussi inutile qu'un platre sur une patte de bois : le chien n'en marchera pas mieux. On pourra créer des mirages, des illusions collectives ; pas des couples heureux et stables. 

 

Le mariage chrétien, plus qu'une promesse : une alliance

Le mariage chrétien va plus loin qu'une promesse, même rendue performative par la puissance de frappe sociale. Il le fait parce qu'il va plus loin dans sa compréhension anthropologique que le mariage civil : alors que ceui-ci se borne à constater qu'un couple produit -le plus souvent- des enfants et qu'un engagement de la personne est nécessaire pour cette entreprise qui occupe assez bien9 une vie, le mariage chrétien reconnaît que cet engagement de toute la personne est au coeur même de l'identitié humaine.

J'assistai ces derniers jours à un mariage. Deux choses m'ont particulièrement touchées, qui illustrent comment l'Eglise voit dans le don des personnes dans le mariage une grande beauté. 

D'abord, la messe de mariage ne comprend pas de Kyrie10. C'est qu'à ce moment précis où les époux se donnent l'un à l'autre, ils accomplissent précisément leur vocation profonde, ce don de soi auquel Dieu appelle chacun lors de sa création. La joie du Gloria convient bien mieux à ce moment où les époux s'avancent vers l'autel !

Ensuite, la structure-même de la messe11 est l'histoire d'un mariage : échange d'une parole qui annonce le don de la Personne, puis ce don concret du Corps, qui dit le don de toute une vie. 

 

Encore faut-il savoir à quoi l'on dit "oui"

« Que votre oui soit oui, et que votre non soit non » Cette parole de Jésus suit (en Mt 5) l'exposé des béatitudes.. après lequel Jésus a invité à cesser de jouer avec les mots. Citant la loi de Moïse, il dit "vous avez appris qu'il est écrit... moi je vous dis..."

Ce n'est qu'en réfléchissant sérieusement au sens qu'elle donne au mariage que notre société le sauvera, en en considérant non seulement les attributs mais surtout l'origine et le sens profond.

Ce n'est qu'en prenant le temps de comprendre notre appel à nous donner pleinement et comment le mariage est l'une des voies de cet appel, que nous pourrons dire avec assurance (mais non sans trembler, vu l'énormité de ce que ça représente) : « oui ».

  1. 1. ou, pour les catholiques, appeler un chacha un chacha :p
  2. 2. à l'église, je te reçois pour époux(se) et je me donne à toi ; à la mairie - Voulez-vous prendre pour époux(se)... - Oui. Notez la subtile différence.
  3. 3. Puisqu'on est dans les mots avec ce billet, si comme moi vous hésitez toujours sur le nombre de "b" et "r" dans le mot abérration, souvenez-vous que ce ne sont pas de simples facéties d'abbé, auxquel cas il s'écrirait abbération.
  4. 4. attributs dont la qualité feront certes le choc des photos, mais certainement pas le poids des mots
  5. 5. qui comme toute construction juridique, défend le faible, le fort n'ayant pas besoin du droit
  6. 6. ça ne vous aura pas échappé, le législateur n'est pas un grand romantique
  7. 7. bah oui, un homme qui aurait des enfants de trois femmes a bien du mal à tous les protéger.
  8. 8. et n'en déplaise au juge californien qui croit y avoir une distinction irrationnelle, piétinant ainsi les fondateurs de la constitution sur laquelle il s'appuie
  9. 9. demandez aux pères et aux mères..
  10. 10. pour les non-cathos: le Kyrie, au début de la messe, est un temps où chacun invoque, et accueille, le pardon de Dieu pour les fautes qu'il a commises
  11. 11. comme tout le christianisme, et toute l'histoire depuis la création

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La santé public au service de l'idéologie

Je vous invite à lire le communiqué de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, président de l'Académie diocésaine pour la Vie, sur les dérives de Roselyne Bachelot (qui a su faire, au cours des derniers mois, de l'IVG un véritable business, parce qu'elle ne trouvait pas assez de médecins dont la conscience ne réprouvait pas l'IVG... et réfléchit à leur ôter leur clause de conscience.)

C'est sur Liberté Politique que ça se trouve. Toutes nos amitiés à cet évêque pour ses positions courageuses et bien étayées.

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Inception

Pour changer, petit billet qui s'éloigne un peu de mon sujet habituel... mais sait-on jamais :) J'ai vu Inception ce soir (Note: si vous ne l'avez pas vu, ce billet risque de faire spoiler... maintenant que vous voilà prévenus, poursuivons) et je ne peux que recommander d'aller le voir !

Le scénario est simple, mais bien ficelé. L'hypothèse de base, solide : nos rêves disent un peu qui nous sommes. Dans le film, Cobb est en quelque sorte voleur (ou plutôt violeur) de rêves, puisqu'ils s'y introduit pour capturer une information que sa victime souhaiterait garder secrète. Pour aller chercher les informations les plus intimes, il va plus profond, dans les rêves dans le rêve. Il va même jusqu'à modifier ces rêves. Seule solution pour sortir du rêve ? Mourir.

La difficulté, c'est de savoir si l'on est bien reveillé, où se trouve la réalité. La vie est songe, et les songes, rien que des songes disait Calderon. C'est toujours drôle d'entendre quelques allumés rêveurs sortir du film en dissertant d'univers parallèles avec une conviction telle qu'on pourrait les croire réels.

En sortant, je me demandais : ne sommes-nous pas tentés de confondre nos rêves et la réalité ? Oh, rassurez-vous : je ne crois pas qu'aucun de nous ne fasse la confusion.. mais il n'y pas qu'endormis que nous rêvons ! Chacun de nous nourrit des rêves qui lui sont intimes, rêves d'avenir ou rêves d'un autre monde, les uns rêvent d'un enfant, les autres rêvent leurs parents, du prince charmant, ou que sais-je. 

Nos rêves et nos désirs sont sans limites. Certains cherchent dans l'univers l'écho du big-bang tandis qu'il suffit de sonder le coeur de l'homme pour trouver dans son désir l'écho de l'Éternel. Nos existences peuvent parfois sembler bien pâles par rapport à l'étendue infini de nos aspirations. Mais nos rêves peuvent nous enfermer : nous créons nos rêves ; ils tournent tout entiers autour de nous. 

Finalement, qu'est-ce qui fait la beauté de la réalité ? C'est peut-être justement notre finitude : alors que la puissance de notre désir peut devenir tyrannique (il suffit de regarder un visage maintes fois lifté pour y lire la douleureuse tyrannie du rêve de la jeunesse éternelle), notre finitude nous oblige à nous accepter comme des dons, à cesser de rêver à ce que nous ne sommes pas pour nous aimer tels que nous sommes. Elle nous oblige à sortir de notre rêve, à mourir.. à nous-mêmes pour nous laisser accueillir par les autres.

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Quand Mediapart se mêle de religion (et de sexualité)

Je croyais, naïvement, que le "part" de Mediapart signifiait participatif ; je découvre que c'est sans doute part pour partial. Et pourtant, c'était bien parti, avec un article intitulé "Théologie de la sexualité".

Seulement, voilà : pour présenter le visage d'un islam éclairé en matière de sexualité (forcément évoqué au passé, du VIIe au XIIe siècle dans l'article, bien qu'il y existe sans doute aujourd'hui des musulmans ayant une vision saine de la sexualité), et étant bien entendu que tout bon article de presse doit présenter un ennemi, c'est le christianisme qui en prend pour son grade. Et n'imaginez pas trouver un brin de théologie, qui n'était qu'une accroche. 

Saint Paul par exemple, est vu comme un modèle d'impuissance et de mysoginie. Je crois que ça en dit plus long sur les auteurs de l'article que sur Saint-Paul. Et Jésus aurait été distant avec les femmes. Lisez un évangile, et vous verrez si Jésus fuyait les femmes ou s'il les a au contraire rencontrées en profondeur.

On nous refait le coup d'un judéo-christianisme coincé, face à l'islam des contes des mille et une nuits : qu'ils lisent le Cantique des cantiques. En fait, le christianisme affirme que l'histoire de l'humanité toute entière, racontée dans la Bible, est l'histoire d'un mariage entre Dieu et les hommes. L'évangile commence par un mariage, la bible se termine par des Noces.

Quand l'islam prône l'absence la non-continence, c'est bien entendu par compréhension fin de la nature humaine, forcément animale, et de ses "instincts et pulsions". Par contre, quand Paul dit aux époux de ne pas se refuser l'un à l'autre pour ne pas être tentés d'aller voir ailleurs1, c'est bien entendu la dictature du patriarcat.

Sauf que, voilà, ça ne prend pas. Ce n'est pas dans les pays chrétiens que les femmes adultères se font lapider (et C. Paultre le saurait, s'il savait que Jésus lui-même est venu au secours de cette femme adultère) Ce n'est pas dans les pays chrétiens que les femmes se font exciser (et cette pratique n'est pas le fait que des extrêmistes). Le christianisme considère la réduction de la femme au rang d'objet de satisfaction comme une perversion profonde, qui a son origine dans le péché des hommes2 et non comme une donnée naturelle dont il faudrait s'accommoder.
Bref, C. Paultre ne convainc personne. 

  1. 1. 1Co 7 : Ne vous refusez pas l'un à l'autre, sauf d'un commun accord et temporairement, afin de vous consacrer à la prière; puis retournez ensemble, de peur que votre incapacité à vous maîtriser ne donne à Satan l'occasion de vous tenter
  2. 2. cf. Gn 3,16 : l'inégalité des sexes n'est pas naturelle mais le fruit du péché.

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La complémentarité de la féminité et de la masculinité n’est pas un simple fait biologique

La complémentarité de la féminité et de la masculinité n’est pas un simple fait biologique

Lors de ses vœux de Noël à la Curie romaine, vendredi 22 décembre, le pape Benoît XVI a fustigé avec vigueur les partisans du mariage gay, dénonçant leurs « théories funestes ».

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Le protestantisme français, une diversité allant de la HSP libérale aux évangéliques

Le protestantisme français, une diversité allant de la HSP libérale aux évangéliques

ÉVIDEMMENT, il y a les clichés. Persistants. Simplificateurs, voire simplistes, mais qui ont la peau dure. Un protestant se doit d’être austère bien sûr. Puritain. Ascète. Avec des allures de quaker ou de représentant de la haute société protestante. Lionel Jospin, à sa manière, avait tenté de dissiper certaines idées reçues, bien ancrées, parfois justifiées, parfois non. « Je suis un protestant athée, un rigide qui évolue, un austère qui se marre », avait-il lancé, non sans humour. Mais sans guère convaincre. Difficile en effet de chasser certaines représentations véhiculées depuis plusieurs siècles dans l’imaginaire collectif.

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La difficulté d'une parole publique sur la sexualité

La fin de l'année a vu débarquer à la télévision de nombreuses émissions consacrées à la sexualité (ou plutôt, à la description de pratiques sexuelles). Les grandes chaînes, subissant la concurrence de la TNT -ou reléguant leurs programmes les plus explicites sur les chaînes TNT de leurs groupes pour garder un semblant de moralité- ne sont pas en reste, comme M6, qui a choisi le registre pseudo-éducatif, avec une émission sur la "sexualité des français" mettant en scène un sexologue.

Ces émissions ont-elles leur place à la télévision ? Sans faire preuve de pudibonderie, on peut en douter.

Passons rapidement sur celles dont la prétention d'éduquer ou informer masque -mal- la volonté de taper dans les instincts les plus immédiats du téléspectateur : alléchant avec un sujet coquin de fin d'émission annoncé dès son commencement à grand renfort d'images floutées, elles sont un catalogues de pratiques, mises côte à côte comme si toutes se valaient ("eh ma bonne dame, l'échangisme, ça vous dit ? X% des français l'ont déjà fait").

Mais mêmes celles -rares- qui se veulent sérieuses présentent une difficulté : elles tentent de dire l'intime sur un mass-media. Parce qu'elles traitent d'un sujet qui touche le plus profond de notre être sur un ton technique et avec l'apparence de la scientificité, elles ont une portée normative et modèlent les comportements des téléspectateurs, dont elles exploitent le besoin d'être dans la normalité. S'adressant aux masses, elles anonymisent la sexualité, et limitent la relation au rapport. Posez-vous donc cette question avant de regarder : est-ce à une poignée d'individus, dans la tour TF1 ou au service marketing de Durex, de vous dicter comment aimer votre épouse ce soir ?

Point commun entre toutes ces émissions : aucune ne parle vraiment d'amour. Elles vous expliquent comment être une bête de sexe, mais pas comment votre sexualité s'inscrit comme signe du don de toute une vie à l'autre. "L'amour ? Mais, ma bonne dame, ça n'existe que dans les films"

Difficile d'appeler à la retenue sans être taxé au mieux de coincé, au pire d'obscurantiste. "Retire tes sandales, car le lieu que foulent tes pieds est une terre sainte"1 A vous de choisir : vous pouvez entrer sur la pointe des pieds, avec douceur et précaution sur cette terre sacrée ; vous pouvez aussi chausser vos grosses bottes et tout abîmer sur votre passage.

  1. 1. Ex 3,5

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Prier quand on a le diable au corps

Depuis votre tout jeune âge, vos pasteurs, prêtres ou éducateurs ont tenté de vous apprendre à prier. Ils vous ont fait vous agenouiller, fermer les yeux, ont exigé de vous que vous restiez immobile, rien à faire ! Vous n'y arrivez pas, vos genoux vous grattent, vos yeux vous piquent, tout votre être vous démange et s'y refuse. Damné ? Non, vous êtes peut-être juste extraverti. 

Les extravertis n'ont pas la vie facile ; on dit facilement des enfants qui ne tiennent pas en place qu'ils ont le diable au corps (!)... et c'est peut-être encore plus vrai sur les bancs de l'église que sur ceux de l'école. Car il faut le reconnaître : si les Écritures décrivent Pierre comme un extraverti, c'est dans l'héritage des introvertis que la spiritualité catholique romaine s'est construite, sur la tradition monastique. 

Celle-ci trouve sa source dans le mode de vie de ces pères du désert, dont l'ascèse et la vie érémitique ne sont pas la tasse de thé des extravertis. La plupart des prêtres, religieux et religieuses ne sont pas extravertis : pour eux, contemplation, silence, calme et solitude sont synonymes de paix intérieure ; mais ce moule ne convient pas à tous !

Si l'on considère le Christ comme le modèle de toute humanité, on observe dans les Évangiles de nombreuses références à des temps de solitude, de prière et de désert. Introvertis et extravertis ont également besoin de ce temps, mais pas de manière identique : pour les introvertis, le chemin du silence et de la solitude est une prise de distance par rapport aux sens ; c'est, à l'inverse, dans les sens que se trouve la voie des extravertis !

Un exemple concret : à la contemplation silencieuse du Saint-Sacrement, l'extraverti préférera la contemplation de la beauté de la création (Saint François était un bon exemple d'extraverti qui a réussi :p). Alors que les autres penseront qu'il zappe la prière, c'est dans ce temps qu'il trouvera la plus grande proximité avec Dieu.

La contemplation s'accomplit dans l'action et l'action n'a de sens que dans la contemplation. La faculté d'imagination est une béquille importante pour les extravertis, même si elle demande à être guidée pour ne pas partir dans tous les sens. Il pourrait être tentant de croire que la prière n'est qu'une disposition intérieure ; l'extraverti a également besoin que sa prière soit exprimée pour être complète.

La nécessité d'une communauté est d'autant plus vive pour les extravertis : mais comment partager la vie d'une bande d'introvertis ? Certains trouvent leur secours dans l'écriture, qui permet de se projeter, en même temps qu'elle permet de partager concrètement un temps de prière avec les autres. L'écriture ne se suffit toutefois pas à elle-même, et c'est dans la qualité des relations que l'extraverti trouvera son plein développement.

30 minutes de méditation silencieuse ont plus de chances d'amener un extraverti dans les bras de Morphée que dans ceux du Père ; la lecture sans possibilité d'écrire ou de discuter de ce qu'il lit ne porte pas de fruit ; à l'inverse, les chants, la danse, les conversations, illustrés par les psaumes, lui permettent de goûter la même intensité de prière pour le commun des mortels ! Ils ont du mal avec l'homélie1 mais goûtent pleinement le geste de paix, tandis que l'introverti en viendra facilement à la considérer comme une parenthèse un peu kitsch.

Les extravertis ont besoin de vie communautaire.. mais dans beaucoup de communautés religieuses, le temps des repas est réduit à la portion congrue.. alors qu'il leur est essentiel ! Vous les y reconnaîtrez au fait qu'ils sont sans doute de sortie bien plus souvent  qu'à leur tour !2 Les introvertis ont beaucoup de mal à réaliser (sans doute parce que les extravertis n'ont pas sur leur expliquer) que ce qu'ils appellent socialisation... est pour les extravertis proche du coeur de leur prière !

De même qu'il existe une différence entre le temps de la socialisation et le temps de la prière (malgré leur proximité), il y a une différence entre la prière et le ministère : celle-ci est évidente pour l'introverti.. qui la ressent douloureusement à chaque fois qu'il doit prêcher ! La prière des extravertis impliquant les sens et la conversation, il leur est au contraire facile de confondre prière personnelle et ministère ; et si la prière communautaire n'est pas très satisfaisante car trop intériorisée, il leur est difficile de trouver du temps de qualité hors de leur ministère pour y remédier.

Pour ne pas tomber dans la caricature, reconnaissons que chacun de nous est plus ou moins extraverti ; l'introversion ou l'extraversion ne sont qu'une dimension de la personne parmi d'autres, que vous pouvez identifier (par exemple en vous soumettant à des analyses de profil psychologique, comme le MBTI ou DISC, etc.).

Si la plupart des théologiens et auteurs de spiritualité ont largement exagéré l'importance d'un mode d'expression sur l'autre, reconnaissons avec joie que des pistes ont été ouvertes au cours des dernières décennies, même dans des communautés traditionnellement plus propices à l'épanouissement des introvertis. L'unification de nos dimensions d'introversion et d'extraversion est un long travail, sans doute impossible sans la grâce de Dieu, mais qui produit des fruits à la mesure de cette grâce !

  1. 1. mais c'est parfois uniquement du bon sens, et non de l'extraversion :)
  2. 2. si vous auriez voulu écouter cet article en podcast en faisant votre jogging, plutôt que le lire dans le confort de votre fauteuil, vous êtes sans doute extraverti.. toutes mes excuses, je ne suis pas encore arrivé à l'étape du podcast !

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Non mais "genre"..

Les gender studies sont entréees en France par la grand porte, avec la création d'une chaire à Science-Po. Mais, finalement, que sont-elles ? Si elles sont difficiles à appréhender, c'est parce que, derrière un côté pluridisciplinaire se cachent des théories et idéologies très différentes.

Historiquement, les études sur le genre visent l'analyse de la répartition des rôles entre hommes et femmes dans la société, et la réhabilitation de la place des femmes dans l'histoire. Cependant, quelques idéologues se sont emparés de cette discipline pour propager leurs thèses : pour eux, notre sexe biologique est une contingence et la masculinité et la féminité sont de pures constructions sociales, qu'il s'agit de détruire en les remplaçant par des "genres" que chacun, homme ou femme, peut s'approprier.

En 1968, le livre de Stoller Sex and Gender. On the Development of Masculinity and Feminity tente de décrire le processus de "sexualisation", c'est à dire la manière dont chacun d'entre nous s'approprie son identité sexuelle. Comme un chercheur sur la vision humaine comprendrait la perception des couleurs en observant des sujets daltoniens et en les comparant avec des sujets non-daltoniens, Stoller analyse pour cela le cas des transsexuels, pour qui ce processus de sexualisation s'est mal passé.

Là où le bât blesse, c'est qu'un certain nombre de féministes, à qui des idiots ont dû opposer des arguments de type "l'inégalité homme-femme est dans la nature", ont, pour le besoin de leur lutte, décidé que l'identité sexuelle n'était qu'après-tout une construction sociale. C'est comme cela qu'on aboutit à des marches comme celle d'hier.

C'est comme si les daltoniens décrétaient que, finalement, la couleur est une convention sociale, parce qu'ils ne les voient pas ! Et de manifester contre les feux verts et feux rouges, bien entendu discriminatoires, de demander l'abolition de Benetton (united colours, quel scandale), des codes couleurs sur les résistances et des pubs pour téléviseurs Sony. La compassion pour les daltoniens1 ne nous fera pas renoncer à la couleur. 

De même, si nous ne pouvons que manifester de la compassion aux personnes qui connaissent des difficultés dans le développement de leur identité sexuelle, il serait absurde de vouloir normaliser la société sur leur expérience. Leur "droit au bonheur" ne justifie pas la destruction du mariage, et le fait que beaucoup d'enfants souffrent de vivre sans leur père ou leur mère2 ne justifie en rien qu'on place volontairement d'autres enfants dans cette situation, et qu'on érige ce choix en modèle de société.

  1. 1. j'en suis!
  2. 2. je veux le dire avec le plus de douceur possible, sans jeter la pierre aux parents séparés, qui ont souvent fait ce choix la mort dans l'âme, face à une souffrance plus grande encore

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Dieu a donné aux simples fidèles trois livres qui leur enseignent son saint amour.

Dieu a donné aux simples fidèles trois livres qui leur enseignent son saint amour.

Dieu a donné aux simples fidèles trois livres qui leur enseignent son saint amour. Ces trois livres sont l'image de la sainte Vierge, le crucifix et le clocher de l'église catholique. Ces trois objets ne nous rappellent-ils pas les trois grandes marques de l'amour de Dieu pour les hommes, c'est-à-dire les mystères de l'Incarnation, de la Rédemption et de l'Eucharistie ?

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Dignité restaurée

La maladie ne fait pas qu'altérer notre corps ; elle change également la perception des autres sur nous. Certaines affections, ici bénignes, sont dans d'autres lieux synonymes de mort sociale, puis psychologique et enfin physique. Cette vidéo présente des femmes et des hommes qui oeuvrent pour redonner leur dignité aux femmes africaines atteintes de fistule, des médecins-bâtisseurs de dignité. Ce que vous faites au plus petit d'entre les miens...

De la même manière, le Christ, médecin des corps et des âmes, nous restaure dans notre dignité d'enfants de Dieu. De l'âme souillée, il fait une terre lavée ; il purifie en nous ces parties de nous qui font que nous n'osons plus nous regarder nous-mêmes. Ces médecins, capables de voir dans un corps puants l'être unique et irremplaçable, sont l'image du Christ qui accepte de se faire l'intime de l'âme éprouvée par attachement à la beauté profonde de sa créature. 

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