
Consécration
à la Sainte Trinité par la Sainte Famille
Communion
Marie Reine des Familles
Septième
jour
Consécration
à Marie Mère
Qui
mieux que Marie peut nous enseigner ce qu'est la maternité? L'Hymne
Acathiste nous dit qu'Elle est porteuse de Celui qui porte tout.
Chaque mère considère que l'enfant qu'elle porte est l'univers
entier, son petit est son tout. Il est d'abord une partie intégrante
d'elle-même qu'elle va mettre au monde puis une autre créature pour
laquelle elle se donne sans compter puis elle devra, tout en gardant
un lien unique et inaltérable, le laisser voler de ses propres ailes
et accepter qu'il est tout autre qu'elle-même. Ce cheminement ne
s'est pas fait sans douleur pour la Vierge qui a dû offrir Son Fils
pour le monde, pour que le monde devienne par l'Eglise une immense
famille dont Elle sera la Mère. Songeons à la Parole du Christ en
Croix: « Femme voici ton fils, fils voici ta Mère ».
Jésus enseigne à Sa Mère le renoncement au lien exclusif et Lui
donne un enfant qu'Elle n'a pas enfanté. La maternité revêt un
caractère universel, une mère est mère de tous les enfants du
monde. D'une certaine manière, Marie perd son enfant qui va devenir
Son Frère. L'achèvement de la maternité est dans une relation de
fraternité, d'amitié humaine et spirituelle dont la source
d'inspiration est la vie de Foi. La mère doit choisir que son enfant
grandisse et s'affranchisse, la maternité doit grandir et se
transformer en même temps que l'enfant. Dieu possède un caractère
maternel qui trouve son expression en Marie, Mère de Miséricorde.
La Miséricorde signifie littéralement, en hébreux, « l'utérus »;
(hyster, en grec, qui a donné le mot « hystérique », la
conception juive est plus optimiste et positive!), la matrice. Cet
amour en effet ne passe pas par la raison, il est viscéral, plus
fort que tout. Même si une mère arrivait à oublier son enfant, le
Père de Miséricordes, le Père possédant des entrailles de mère,
ne pourrait détourner de lui son amour. Dans le jugement de Salomon
ce sont ces entrailles maternelles qui s'expriment chez la vraie
mère. Vivre à la fois cet amour puissant et inconditionnel pour
l'enfant et respecter sa liberté est une tâche difficile. L'exemple
et le secours de la Vierge nous sont nécessaires. Comme la
paternité, la maternité procède d'en-hait, elle se reçoit du
créateur. Bien des mères aujourd'hui considèrent que l'accueil de
la vie, et des vies nombreuses constitue un empêchement à vivre sur
le plan humain alors qu'il est l'épanouissement d'une mission, d'une
vocation reçue de Dieu.
Antienne
Sion
chaque homme l'appelle sa mère, car en elle, tout homme est né.
(Psaume 87).

La
Parole de Dieu
Premier
Livre des Rois 3: 16-28
Alors
deux femmes prostituées vinrent chez le roi, et se présentèrent
devant lui. L'une des femmes dit: Pardon! mon seigneur, moi et cette
femme nous demeurions dans la même maison, et je suis accouché près
d'elle dans la maison. Trois jours après, cette femme est aussi
accouché. Nous habitions ensemble, aucun étranger n'était avec
nous dans la maison, il n'y avait que nous deux. Le fils de cette
femme est mort pendant la nuit, parce qu'elle s'était couchée sur
lui. Elle s'est levée au milieu de la nuit, elle a pris mon fils à
mes côtés tandis que ta servante dormait, et elle l'a couché dans
son sein; et son fils qui était mort, elle l'a couché dans mon
sein. Le matin, je me suis levée pour allaiter mon fils; et voici,
il était mort. Je l'ai regardé attentivement le matin; et voici, ce
n'était pas mon fils que j'avais enfanté. L'autre femme dit: Au
contraire! c'est mon fils qui est vivant, et c'est ton fils qui est
mort. Mais la première répliqua: Nullement! C'est ton fils qui est
mort, et c'est mon fils qui est vivant. C'est ainsi qu'elles
parlèrent devant le roi. Le roi dit: L'une dit: C'est mon fils qui
est vivant, et c'est ton fils qui est mort; et l'autre dit:
Nullement! c'est ton fils qui est mort, et c'est mon fils qui est
vivant. Puis il ajouta: Apportez-moi une épée. On apporta une épée
devant le roi. Et le roi dit: Coupez en deux l'enfant qui vit, et
donnez-en la moitié à l'une et la moitié à l'autre. Alors la
femme dont le fils était vivant sentit ses entrailles s'émouvoir
pour son fils, et elle dit au roi: Ah! mon seigneur, donnez-lui
l'enfant qui vit, et ne le faites point mourir. Mais l'autre dit: Il
ne sera ni à moi ni à toi; coupez-le! Et le roi, prenant la parole,
dit: Donnez à la première l'enfant qui vit, et ne le faites point
mourir. C'est elle qui est sa mère. Tout Israël apprit le jugement
que le roi avait prononcé. Et l'on craignit le roi, car on vit que
la sagesse de Dieu était en lui pour le diriger dans ses jugements.
Marie
est la Mère du Verbe, qui plus qu'Elle écoute la Parole de Dieu et
la met en pratique? Mais Jésus vient affirmer que les liens de la
chair et du sang doivent être assumés par les liens de l'Esprit.
Saint
Luc 8: 19-21
La
mère et les frères de Jésus vinrent le trouver; mais ils ne purent
l'aborder, à cause de la foule. On lui dit: Ta mère et tes frères
sont dehors, et ils désirent te voir. Mais il répondit: Ma mère et
mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la
mettent en pratique.
La
traduction exacte n'est pas voici ta mère, mais voici la mère:
Saint
Jean 19: 26-27
Jésus,
voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à
sa mère: Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple: Voilà ta
mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui.
Sion
chaque homme l'appelle sa mère, car en elle, tout homme est né.

L'Enseignement
de l'Eglise
Vénérable
Jean Paul II, « La Dignité et la Vocation de la Femme »,
§ 18
La
maternité comporte dès son origine une ouverture particulière à
cette personne nouvelle: c'est justement là le «rôle» de la
femme. Dans cette ouverture, dans la conception et l'enfantement, la
femme «se trouve par le don désintéressé d'elle-même». Le don
de la disponibilité intérieure à accepter l'enfant et à le mettre
au monde est lié à l'union matrimoniale qui, comme on l'a dit,
devrait constituer un moment particulier du don de soi réciproque de
la part et de la femme et de l'homme. La conception et la naissance
d'un nouvel être humain s'accompagnent, selon la Bible, de ces
paroles de la femme-mère: «J'ai acquis un homme de par le Seigneur»
(Gn 4, 1). L'exclamation d'Eve, «mère de tous les vivants», se
répète chaque fois que vient au monde un nouvel être humain, elle
exprime la joie de la femme et sa conscience de participer au grand
mystère de la génération éternelle. Les époux participent à la
puissance créatrice de Dieu!
Pourtant,
même si tous deux sont ensemble les parents de leur enfant, la
maternité de la femme constitue un «rôle» particulier dans leur
rôle commun de parents, et même le rôle le plus exigeant. Etre
parents, même si cela concerne l'un et l'autre, cela se réalise
beaucoup plus en la femme, spécialement dans la période prénatale.
C'est la femme qui «paie» directement le prix de cet engendrement
commun où se consomment littéralement les énergies de son corps et
de son âme. Il faut donc que l'homme ait pleinement conscience de
contracter une dette particulière envers la femme, dans leur
fonction commune de parents. Aucun programme de «parité des droits»
des femmes et des hommes n'est valable si cela n'est pas pris en
compte d'une manière tout à fait centrale. La maternité comporte
une communion particulière avec le mystère de la vie qui mûrit
dans le sein de la femme: la mère admire ce mystère; par son
intuition unique, elle «comprend» ce qui se produit en elle. A la
lumière du «commencement», la mère accepte et aime comme une
personne l'enfant qu'elle porte dans son sein. Ce genre unique de
contact avec le nouvel être humain en gestation crée, à son tour,
une attitude envers l'homme, non seulement envers son propre enfant
mais envers l'homme en général, de nature à caractériser
profondément toute la personnalité de la femme. On admet
habituellement que la femme est plus capable que l'homme d'attention
à la personne humaine concrète, et que la maternité développe
encore cette disposition. L'homme, même s'il prend toute sa part
dans cette fonction des parents, se trouve toujours «à l'extérieur»
du processus de la gestation et de la naissance de l'enfant, et, à
bien des égards, il lui faut apprendre de la mère sa propre
«paternité». Cela, peut-on dire, entre dans le dynamisme humain
normal de la fonction des parents, même quand il s'agit des étapes
postérieures à la naissance de l'enfant, spécialement dans la
première période. L'éducation de l'enfant, considérée dans son
ensemble, devrait inclure la double contribution des parents: la
contribution maternelle et la contribution paternelle. Cependant le
rôle de la mère est décisif pour les fondements d'une personnalité
humaine nouvelle.
Sion
chaque homme l'appelle sa mère, car en elle, tout homme est né.

L'exemple
de la Famille Martin
Thérèse
demande à sa maman si elle ira au Ciel: « Je lui ai dit que
oui, si elle était bien sage. Elle me répond: « Oui, mais si
je n'étais pas mignonne j'irais dans l'enfer, mais moi je sais bien
ce que je ferais, je m'envolerais avec toi qui serais au Ciel,
comment le Bon Dieu ferait-Il pour me prendre? Tu me tiendrais bien
fort dans tes bras! » Et sa mère ajoute: « J'ai vu dans
ses yeux qu'elle croyait positivement que le Bon Dieu ne lui pouvait
rien si elle était dans les bras de sa mère! » (Zélie,
lettre N° 170, « Correspondance Familiale », Ed. Du
Cerf)
« La
Sainte Vierge m'a fait sentir que c'était vraiment Elle qui m'avait
souri et m'avait guérie. Je compris qu'Elle veillait sur moi, que
j'étais son enfant, aussi je ne pouvais plus Lui donner que le nom
de « Maman », car il me semblait encore plus tendre que
celui de « Mère ». Avec quelle ferveur ne l'ai-je pas
priée de me garder toujours et de réaliser bientôt mon rêve en me
cachant à l'ombre de son manteau virginal. Ah! C'était là un de
mes premiers désirs d'enfant. En grandissant, j'avais compris que
c'était au Carmel qu'il me serait possible de trouver véritablement
le manteau de la Sainte Vierge et c'était vers cette montagne
fertile que tendaient tous mes désirs ». (Sainte Thérèse de
l'Enfant Jésus, « Manuscrits Autobiographique »,
Manuscrit A, folio 57, Oeuvres Complètes, aux Ed. Du Cerf).
Sion
chaque homme l'appelle sa mère, car en elle, tout homme est né.

Prière
consécratoire
O
Marie, Nouvelle Eve, je Vous consacre, aujourd'hui toutes mes
capacités à être mère, et à vivre la maternité en Vous, Mère
de tous les vivants. Je Vous consacre toutes les souffrances liées à
mon enfance qui m'empêchent de vivre pleinement la grâce de la
maternité. Que je puisse à Votre exemple, Marie, être réceptacle
de ce mystère extraordinaire de fécondité, quelles que soient les
circonstances humaines et psychologiques de ma vie. Donnez-moi,
Marie, d'accueillir pleinement la vie, les vies, que le Créateur me
donne ou me donnera de porter, tout en Lui remettant ces liens
d'amour indestructibles, pour que je puisse vivre un amour oblatif
avec chacun de mes enfants. Amen.
Sion
chaque homme l'appelle sa mère, car en elle, tout homme est né.

Exercice
Dans
cet exercice, chaque mère consacrera toutes les souffrances liées à
la maternité, afin de vivre dans la paix, le calme et la sérénité
que la famille attend d'elle. Pour cela nous méditerons en premier
lieu le merveilleux commentaire du Vénérable Jean Paul II sur le
verset: « la femme qui enfante dans la douleur »: « En
contemplant cette Mère, à qui «une épée a transpercé l'âme»
(cf. Lc 2, 35), l'esprit se tourne vers toutes les femmes qui
souffrent dans le monde, qui souffrent physiquement ou moralement.
Dans cette souffrance, la sensibilité propre de la femme joue aussi
son rôle; même si souvent elle sait mieux résister à la
souffrance que l'homme. Il est difficile de faire le bilan de ces
souffrances, il est difficile de les nommer toutes: on peut rappeler
la préoccupation maternelle pour les enfants, surtout quand ils sont
malades ou qu'ils prennent une voie mauvaise, la mort des personnes
les plus chères, la solitude des mères qu'oublient les enfants
adultes ou celle des veuves, les souffrances des femmes qui luttent
seules pour survivre et des femmes qui ont été lésées ou qui sont
exploitées. Il y a enfin les souffrances des consciences à cause du
péché qui a blessé la dignité humaine ou maternelle de la femme,
les blessures des consciences qui ne se cicatrisent pas facilement.
C'est aussi avec ces souffrances qu'il faut venir au pied de la Croix
du Christ. Mais les paroles de l'Evangile sur la femme qui éprouve
de la tristesse lorsqu'est venue pour elle l'heure de donner le jour
à son enfant expriment aussitôt après la joie: c'est «la joie
qu'un homme soit venu au monde». Cette joie se rattache aussi au
mystère pascal, c'est-à-dire à la joie qui est donnée en partage
aux Apôtres le jour de la Résurrection du Christ ». (Dignité
et Vocation de la Femme, Vénérable Jean Paul II, § 19).
Comme
le dit le Saint Père, les souffrances de la maternité sont très
nombreuses, nous allons en considérer quelques-unes dans la présence
de Marie. L'accueil de la vie est parfois difficile à cause des
circonstances pénibles dans lesquelles elle a été transmise,
particulièrement quand elle est le fruit égoïste de l'homme, voire
de violences conjugales s'apparentant au viol. Il s'agit de
considérer que la puissance de la vie est infiniment plus grande que
notre acquiescement. Au lieu de s'attarder sir les conditions de
transmission de la vie, contemplons le désir de Dieu de donner la
vie. Il n'est jamais trop tard pour dire oui. Le coût d'une vie peut
paraître disproportionné? Evoquons, les grossesses difficiles qui
ont comme effacé la joie d'attendre un enfant et trouvons des
ressources dans la joie de Marie de porter en Elle le Fils de Dieu,
même dans les fatigues et les soucis de la Fuite en Egypte.
Emerveillons-nous devant le miracle de la vie. Remettons à la Vierge
toute amertume d'être seule pendant le temps de la gestation, que
l'absence du père soit physique ou psychologique. Apportons au pied
de la Croix toutes formes de souffrances, afin qu'unies à celles de
Jésus, elles deviennent rédemptrices pour notre famille. Enfin,
acceptons avec Marie, de donner nos enfants, acceptons les
séparations, les incompréhensions, les reproches, les mésententes.
Exercice
supplémentaire pour les familles où s'est produite une interruption
de grossesse
Pour
une interruption volontaire, la première chose à faire est de
recourir au Sacrement de la Réconciliation, on méditera avec un
grand profit l'Encyclique du Vénérable Jean Paul II et plus
spécialement la strophe 99: « le Père de toute miséricorde
vous attend pour vous offrir son pardon et sa paix dans le sacrement
de la réconciliation. Vous vous rendrez compte que rien n'est perdu
et vous pourrez aussi demander pardon à votre enfant qui vit
désormais dans le Seigneur. Avec l'aide des conseils et de la
présence de personnes amies compétentes, vous pourrez faire partie
des défenseurs les plus convaincants du droit de tous à la vie par
votre témoignage douloureux. Dans votre engagement pour la vie,
éventuellement couronné par la naissance de nouvelles créatures et
exercé par l'accueil et l'attention envers ceux qui ont le plus
besoin d'une présence chaleureuse, vous travaillerez à instaurer
une nouvelle manière de considérer la vie de l'homme ». Dans
les deux cas (interruption volontaire ou accidentelle), ce qui est
sûr, c'est que votre enfant vit dans le Seigneur comme l'affirme le
Saint Père, il est doc important de le reconnaître, de lui donner
un nom, d'avoir recours à sa prière. Il est aussi important après
un tel acte, de reconsacrer son sein à la vie, de prier la Sainte
Vierge et de méditer sur l'instant où le Verbe est venu dans son
sein. En effet, l'enfant qui sera conçu ensuite doit percevoir le
sein maternel comme un lieu de vie et de lumière et non comme un
lieu de mort.

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